écrits

 

ITINERAIRE

RECUEIL DE POESIES

 Nos itinéraires sont souvent le résultat de nos errances. Errances mentales, spirituelles ou physiques.

Pas à pas, nous traversons les âges, trucidant ainsi le peu de temps qui nous est imparti. Derrière nous, se dessine l'ombre de nos pas... Mais pour combien de temps encore?

Ce recueil a mûri dans la pénombre des tiroirs et des placards. Au gré du temps, il s'est épaissi et a pris de l'âge. Ses sujets sont multiples et éphémères. Ils sont aussi parfois rocailleux ou hargneux, vous en jugerez...

La poésie est partout... Malheureusement ou heureusement... N'est-il pas triste de faire rimer génocide avec sylphide, enfants avec édulcorants...?

Enfin, la vie est une belle fleur sur un tas de fumier...

 

LIBERTE BAFFOUEE

Je suis libre,

Mais sans toi,

Le suis-je vraiment?

Mais pourtant,

Je suis libre,

Mais sans eux,

Le serais-je vraiment?

Mais pourtant,

Sans eux et sans toi,

Je ne le suis pas.

 

BIENVENUE

Vois, bouffe et meurs,

Voici la devise,

Que je t'envoie,

En guise de bise,

 

Ici pas de remise,

Tu peux naître,

Riche ou pauvre,

Gris, jaune, vert ou ocre,

 

Et puis, qu'importe,

Tout ce que j'ai à te soumettre,

C'est ma devise,

Vois, bouffe et meurs...

 

NORMALITES ?

 Je vis mes rêves sur les toits,

Même si pour ça je bois,

J'écris la vie comme je la vois,

Malgré ça, je ne perds pas ma voie,

 

Pourtant, je suis un humain,

Mais je ne suis pas normal,

Malgré ça, je suis un humain,

Et je vis dans un monde d'humain normal,

 

Un monde où pour être normal,

Il faut passer par le mal,

Un monde humainement normal réglé comme une horloge,

Un monde où il faut tuer pour avoir des éloges,

 

Alors moi, je vais sur les toits,

Je lis des livres et je bois,

J'écris des phrases du haut de mon perchoir,

J'aligne les vers et fais rimer les oir en oir,

 

Il paraît que ça s'appelle poème,

Ou bohème, et je ne sais pas au combien même,

Poème ou bohème, je les aime,

Quand même...

 

ANIMALEMENT MOI

Les mots caressent, les mots tuent,

Le langage blesse,

La mort les laisse,

Oh, phrase de l'imprévu,

 

J'aime les mots qui caressent, les mots qui tuent,

La mort qui ensorcèle,

La fin des fins, qui vient, revient et ne cesse pas d'aller,

Belle,

Une mort qui pue,

 

Oh, phrase de l'imprévu,

La pensée remplace les mots,

L'ivresse tous ces dévots,

Je vis dans ma tête, trêve.

 

Je pense dans tes yeux, rêve,

Je vous vois d'en haut,

Je lis dans vos yeux,

Je n'exauce pas vos voeux.

 

Je laisse percer, bercer vos idéaux,

Oh, phrase de l'imprévu,

J'oblitère mes mots,

J'écris des feuillets,

 

Je m'imagine en homme-objet,

Seigneur des mots,

Prince des marais,

Je vois ce que je vis, je ne pense pas où je vais,

 

En un mot, je suis timbré, mais pas oblitéré,

Oh, phrase de l'imprévu,

Je vis comme dans un rêve,

Mais brève...

 

De comptoirs en comptoirs,

De troquets en troquets,

De WC en WC,

 

Je construis mon image,

Poète maudit,

Je me confesse en dieu de l'oubli,

Je tourne les pages, je joue les sages,

 

Cherchant dans le fond de mon sabot,

Tous mes écrits et mes idéaux,

Me séduisant peu à peu,

Je peux faire ce que je veux,

 

L'alcool me conserve dans toutes mes frasques,

Me rassure dans tous mes actes,

Confirmant mon autodidacte,

Me croyant civilisé dans mes pactes,

 

Je glisse les mots de l'imprévisible,

Qui me masque,

Menace mes envies les plus bestiales,

Je livre le jeu de l'invisible,

Me sentant de moins en moins animalement moi...

 

 

PATRIOTISME

Avance au pas,

Non pas comme ça,

L'armée, c'est pas ça,

Avance au pas,

 

Plus vite,

Non ne ralentis pas,

Non ne rugis pas,

L'armée, c'est ça,

 

Et puis, merde,

Ton armée, on en veut pas,

Moi je marcherai pas au pas,

Votre armée, gardez-la!

 

Nous on ne marchera pas,

Derrière ces cranes-là,

Le pouvoir, il n'est pas là...

 

LA VALSE DE L'OUBLIE

Sur un grand chêne,

J"ai écris ton nom,

En espérant y trouver une réponse,

Plus les jours passaient,

Plus ton prénom s'enfonçait dans le chêne,

Plus la pluie tombait,

Plus ton nom s'effaçait,

Plus j'en pleurais,

Plus le chêne grandissait,

Plus je m'efforçais à t'oublier,

Moins j'y arrivais,

Puis me vint la lugubre idée,

De te conter,

Mes terribles années,

Juste pour affaiblir ma flamme,

Et rallumer la tienne,

A corps et à âmes,

De mon état d'âme...

 

LA MORT DU QUELCONQUE

Quand les projecteurs s'allument,

Les yeux des spectateurs s'illuminent,

Devant l'apothéose qui s'ouvre à eux,

L'apocalypse est dans leurs yeux,

Le spectacle peut débuter,

La salle peut s'enflammer,

Dans la plus grande cacophonie,

De la foule en folie,

Le rideau se lève,

Révélant aux yeux du monde,

La mort du quelconque.

 

CES SOIRS-LA

A travers la fenêtre,

Je vois l'amer,

De la mer,

Toujours aussi bleue,

Aussi bleue que tes yeux?

A travers ta vie,

J'ai voulu traverser...

Je m'en suis enfui,

Et si, dehors,

La vie est pareille à toi,

C'est que je veux mourir...

 

LA FLEUR AUX FUSILS

Le Vietnam, Pékin,

Et tout ça,

Je connais pas,

Les guerres,

Ca m'intéresse pas,

Si je vis,

C'est pour toi, nous, vous, eux,

C'est pour ça,

Peut-être simplement pour voir,

 Une fleur dans tous les canons de fusils,

L'apartheid, la survie,

Je la connais pas,

Moi, la vie, je la subis,

Mais pourquoi,

Lui et pas moi?

 

MEPRIS...

Si les vingt venins de la méduse,

Te prennent pour muse,

Fuis l'absurdité de ce monde,

Accuse leurs tentacules,

Et fais jaillir son venin immonde,

Pars loin de cette ignoble cruauté,

Qui anime leurs esprits,

Abjure leur mépris,

Et joue-toi de leur naïveté,

Pour leur faire cracher le mépris,

Qu'ils tiennent en eux.

 

APOCALYPSE MAINTENANT ?

Si un jour,

Le soleil rejoint la lune,

Le jour, la nuit,

L'ouest, l'est,

L'orient, l'occident,

Si ce jour-là,

Est celui-là,

L'heure du grand testament,

Je prendrai mes bouquins avec moi,

Et j'irai lire sur la plage,

Pour la dernière fois,

Juste à la fleur de l'âge,

Pleurer mes fleurs du mal,

Tout en te serrant dans mes bras,

Juste pour la dernière fois,

Dire pour toi,

Ce que nul te dira,

Juste à l'heure du testament dernier.

 

URBANISME

Un grain d'étoile,

Dans le ciel,

Comme un arc-en-ciel,

Aux couleurs de la vie,

Envie de te peindre sur toile,

Parce que je te trouve jolie,

Comme un messie,

Tes racines ancrées entre bitume et goudron,

Depuis, tu es devenue mon égérie,

Petite fleur,

Miraculeuse,

Petit bonheur,

Des allées en béton.

 

© 2010 gillesrigaill
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